A propos / Rémi Jeannin

Je suis convaincu que la diffusion des savoirs produits par les sciences sociales (économie, sociologie, science politique, anthropologie, etc.) est une nécessité pour la transformation démocratique des sociétés. Je porte cet engagement dans mon enseignement, et dans l’organisation du Printemps de l’économie (www.printempsdeleco.fr), un événement national chaque année depuis 2013 à Paris.
Musicien de jazz dans une vie parallèle, l’esprit de cette musique qui se construit dans l’interaction avec d’autres m’habite et m’aide dans toutes mes autres activités sociales ! 

Une citation qui ne me quitte jamais :

L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit.

Gaston Bachelard, La formation de l’esprit scientifique, 1938